**  3 poètes-bloggeurs sélectionnés !! **

Shikoku Haiku Meguri Profils poetes-invites en francais

Toutes nos félicitations - Omédétô gozaïmasu !!!

et notre invité spécial pour la clôture de Shikoku Haïku Méguri, c’est Florent CHAVOUET (illustrateur, Clermont-FD, France) !

 

Des quatre grandes îles du Japon, Shikoku a toujours été celle qui m’a le plus attiré. Je ne sais pas vraiment pourquoi, comme je ne sais toujours pas pourquoi le Japon me fascine. Peut-être parce que l’île a encore gardé l’aspect naturelle, rural et provincial du Japon que je recherche souvent.  Mais aussi peut-être parce qu’elle  montre un Japon raisonnable, humain et accessible, malgré l’insularité et le relief agité. J’ai une passion simple et un attachement très sincère pour la Seto Naikai, et c’est donc avec grand plaisir que j’accueille cette opportunité de visiter Shikoku, la “grande soeur” de cette région. Je sais déjà que ce voyage sera très nourrissant, vivifiant et riche de découvertes. Je remercie l’ensemble des personnes à l’origine du projet Shikoku Auvergne et plus spécialement Ozaki san de Shikoku Muchujin de Kagawa ainsi que Maiko et Tetsuya de l’Association JANA ( Japon Auvergne – Nippon Auvergne ) de Clermont-Ferrand, pour avoir rendu ce séjour possible.

Bienvenue à Shikoku et bienvenue sur le site de Shikoku Muchujin !

Séjour autour des haïkus à Shikoku avec des poètes européens
« Shikoku Haïku Méguri ; Balade – Haïku dans l’île de Shikoku »

 

L’association à but non lucratif Shikoku Muchujin, basée à Marugame dans la préfecture de Kagawa

au Japon et présidée par Mié OZAKI, organise chaque année des activités originales pour la promotion de
Shikoku auprès de pays européens, et notamment de la France. Nous avons par exemple invité des blogueurs
européens à Shikoku et participé à des conventions parisiennes consacrées à la culture japonaise dans le cadre
du projet « Visit Japan » par la division du MLIT (Ministère du Territoire, des Infrastructures, des Transports
et du Tourisme) de Shikoku au Japon.

 

  Cette année 2012, nous avons décidé de nous concentrer sur les Haïkus – ces poèmes qui connaissent
aujourd’hui beaucoup de succès dans les pays étrangers notamment en Occident – en invitant des poètes
européens versés dans cet art à Shikoku, terre des haïkus. Ce projet est mené en coopération avec Mme Maïko GOTANI, représentante de l’Association Japon Auvergne-Nippon Auvergne (JANA, basée à Clermont-Ferrand en France), diplômée de lettres japonaises, de calligraphie et d’enseignement de la langue japonaise qui promeut activement en Auvergne la culture nippone et les échanges franco-japonais avec son mari M.Tetsuya GOTANI, et entretient des relations amicales de longue date avec Shikoku Muchûjin.

 

     Mme GOTANI a donné des cours sur les haïkus japonais dans des écoles primaires et des collèges français, et animé régulièrement des ateliers sur le sujet dans des institutions culturelles et éducatives locales.
Elle contribue à la reconnaissance de ces poèmes en langue japonaise en France ; grâce à elle, plus de 700 enfants d’Auvergne ont découvert notre culture par le haïku jusqu’à présent.

 

  La préfecture d’Ehimé et la ville de Matsuyama sont appelées « capitale du haïku », comme elles sont
la patrie de nombreux maîtres importants du haïku et écrivains modernes comme Shiki Masaoka, Sôséki
Natsumé, Kyoshi Takahama et Hékigotô Kawahigashi, et également le lieu où Santôka Tanéda est mort. Nous
accompagnerons les 3 poètes européens sélectionnés au cours d’une « balade des haïkus dans l’île de
Shikoku » qui parcourra les lieux rattachés aux haïkus dans les préfectures précédemment citées. De plus, la
préfecture de Kagawa, le plus petit département du Japon, abrite le plus vieil ermitage lié aux haïkus du
Japon, le Ichiya-an (« L’ermitage d’une nuit », au temple Kôshôji de Kan’onji), où Sôkan Yamazaki, poète de
l’époque Séngoku (16e siècle) passé maître dans les poèmes renga et connu comme l’un des pères du haïku, a
passé la fin de ses jours. L’île de Shôdôshima est connue par le lieu où Hôsaï Ozaki a vécu jusqu’à la fin de sa
vie. Il y a aussi des temples liés aux grands poètes comme Buson et Issa.
      Il s’agira d’une visite guidée unique de Shikoku à travers l’univers des haïkus, sur fond de promenades dans les lieux célèbres de l’île et de création de poèmes afin d’apprendre l’histoire de la naissance du haïku. Les participants feront part de leurs
expériences avec leurs haïkus par le biais de blogs et de sites Internet pouvant être mis à jour à tout moment,
ainsi que de réseaux sociaux et de cercles consacrés aux haïkus.

 

  Le 19 septembre aura lieu une fête du nom de Héchima-ki, célébrant l’anniversaire du célèbre poète
Shiki Masaoka, père du Haïku moderne, originaire de Matsuyama. Les poètes sélectionnés pourront ainsi
participer à diverses cérémonies, événements et réunions autour des haïkus.

 

  Nous accueillerons également un poète invité d’honneur en la personne de Martine BRUGIÈRE, qui est
originaire de Clermont-Ferrand en France. Poétesse française spécialiste des haïkus, qu’elle compose en
français et en anglais, elle est lauréate de multiples prix internationaux gagnés lors de concours de poésie en
France, en Italie, au Sénégal et au Japon. Elle est à l’origine d’essais, de publications et de conférences sur les
haïkus en France comme ailleurs. Grâce à son aide et au partenariat de l’association Japon Auvergne-Nippon
Auvergne (JANA), nous continuerons même après la fin du séjour à faire découvrir le Shikoku, terre des
haïkus, d’une manière inédite auprès du public international.

 

  Nous souhaiterions vivement votre participation, ainsi ce séjour unique apportera de bonnes études sur
le haïku et un bel échange qui permettra d’ouvrir une nouvelle porte d’amitiés entre Europe et Japon. Nous
vous attendons avec impatience pour partager ce bon moment de haïku avec vous. Ce sera un grand plaisir de
faire découvrir beaucoup de charmes de l’île de Shikoku à travers cette balade-haïku. Participez nombreux !

Séjour autour des haïkus à Shikoku avec des poètes européens
« Shikoku Haïku Méguri – Balade – Haïku dans l’île de Shikoku »
dans le cadre de projet VJ de Ministère du Territoire, des Infrastructures, des
Transports et du Tourisme de Shikoku au Japon pour l’année 2012

 

Organisation du projet:
◦ Ministère du Territoire, des Infrastructures, des Transports et du Tourisme – Division de Shikoku
◦ Comité exécutif de l’association Shikoku Muchûjin (représentante : Mié OZAKI, Marugamé,Kagawa, Japon : http://muchujin.jp)
◦ Maiko GOTANI (représentante de l’Association Japon Auvergne-Nippon Auvergne – JANA –Clermont-Ferrand,France : http://jana63.canalblog.com)
Dates : du 13/09 (jeudi *départ, mercredi 12/09 à paris) au 28/09 (vendredi)
Lieux visités : préfectures de Kagawa et d’Ehimé au Japon
Participants :
◦ Poète invité d’honneur : Martine BRUGIÈRE, poétesse française
◦ 3 poètes européens spécialisés dans le haïku (les résultats de la sélection seront annoncés cet été)
◦ Conceptrice-coordinatrice : Maïko GOTANI, représentante de l’association Japon Auvergne-Nippon Auvergne (JANA)
◦ Conseiller et chargé de mission sur Shikoku-Auvergne : Tetsuya GOTANI, vice-président del’association Japon Auvergne-Nippon Auvergne (JANA)
Publicité/Communication : en plus de passer par les médias de Shikoku, nous prévoyons de publier un
article au sujet du voyage autour des haïkus dans le magazine Zoom Japon (un journal gratuit portant
sur la culture japonaise et publié tous les mois à 70 000 exemplaires diffusés dans plus de 700 endroits
en France). Nous comptons également communiquer sur les journaux et médias en Auvergne, région
où est le siège de l’association JANA, l’ambassade du Japon en France, les bureaux consulaires du
Japon en France et sur les associations de haïkus européennes pour faire connaître notre projet.
Tous les renseignements : Mié OZAKI, représentante de Shikoku Muchûjin
◦ Téléphone : (+81) 080-3166-9937 E-mail : bonjourmie@kyf.biglobe.ne.jp
Site web en japonais : http://muchujin.jp/ en français : http://fr.muchujin.jp/
en anglais : http://en.muchujin.jp/
Association Japon Auvergne-Nippon Auvergne (JANA) : http://jana63.canalblog.com
(rubrique « Shikoku-Auvergne » )

 


Balade-Haïku dans l’île de Shikoku  en français PDF

Balade-Haïku dans l’île de Shikoku en japonais (日本語) PDF


Organisation du projet et Messages  

Ministère du Territoire, des Infrastructures, des Transports et du Tourisme – Division de Shikoku au Japon

Mié OZAKI : Présidente du comité exécutif de l’association Shikoku Muchujin, Japon

  Madame,Monsieur,

 

  Enchantée.

 

  Je m’appelle Mie Ozaki et j’habite sur l’île de Shikoku, au Japon.

 

  Je suis professeur de français à Kagawa et présidente de l’association Shikoku muchujin. Actuellement en ma qualité de professeur de français, je transmets aux Japonais les charmes de la France, mais en même temps je souhaite vivement faire connaître les charmes du Japon aux Français.

 

  Shikoku est une des quatre principales îles du Japon. Elle est située au sud ouest, entre les îles d’Honshu et de Kyushu. Elle demeure une destination mal connue des touristes étrangers. Pourtant, c’est une île appréciée des Japonais eux-mêmes pour sa riche culture locale, sa nature sauvage et son mode de vie traditionnel.

 

  Shikoku Muchujin est une organisation à but non lucratif dont l’objectif est la promotion touristique de l’île de Shikoku dans le monde entier. Nous sommes en activités depuis quatre ans, grâce au soutien d’organisations et d’entreprises locales.

 

  Nous nous occupons ainsi de projet de Ministère du Territoire, des Infrastructures, des Transports et du Tourisme de Shikoku au Japon. Nous offrons la possibilité aux personnes sélectionnées, de venir s’immerger dans le patrimoine et la culture de Shikoku.

 

  Pour l’année 2012, nous avons décidé de nous concentrer sur les haïkus en invitant des poètes européens versés dans cet art à Shikoku, l’ile des haïkus. Ce projet est mené en coopération avec Mme Maïko GOTANI, représentante de l’Association Japon Auvergne-Nippon Auvergne (JANA, basée à Clermont-Ferrand en France), une association franco-japonaise, qui est notre amie depuis des années.

 

  Nous offrons la possibilité à quatre poètes de haïku européens sélectionnés (* 1poète invité d’honneur ; Madame Martine Brugière) qui peuvent présenter le charme de Shikoku sur internet au monde entier à travers ce voyage ”Shikoku Haïku Méguri -Balade-Haïku dans l’île Shikoku”, un séjour unique et très poétique.

 

  Nous sommes également très heureux de pouvoir accueillir en tant qu’invité d’honneur un poète, Madame Martine BRUGIÈRE, qui est originaire de Clermont-Ferrand. Nous sommes sûrs que sa participation permettra des échanges très riches et poétiques entre Japonais et Européens.

 

  Nous attendons votre participation et espérons vous accueillir ici, dans mon pays Shikoku, avec grande impatience.

 

・Mié OZAKI (Marugamé-shi, Kagawa, Japon)
  Présidente de Shikoku Muchujin, une organisation à but non lucratif dont l’objectif est la promotion touristique de l’île de Shikoku dans le monde entier. Née à Ehimé dans la région du Shikoku au Japon et diplômée de lettres françaises. Professeur de français à l’Institut universitaire des sciences d’Okayama, à l’Institut universitaire à cycle court de Kagawa, membre de la Société Européenne de Kagawa, de la société franco-japonaise de Kagawa et de la Société Japonaise de Didactique du Français. Elle organise les Shikoku Bloggeurs Tour en invitant chaque année des bloggeurs français afin de leur faire découvrir cette région et sa culture, dans le cadre du projet du Ministère Japonais du Territoire, des Infrastructures, des Transports et du Tourisme. Elle participe également à de nombreux évènements culturels franco-japonais afin de faire connaître la culture de la région du Shikoku en Europe, notamment en France. L’an dernier, elle a présenté “Shikou Hénro – 88 pèlerinages de Shikoku’’ au musée Guimet à paris avec ses amis Français, et organisé une séance ‘’Shikoku no Taishû Engéki – le théâtre japonais populaire’’ à la maison du Japon à l’Institut National des Langues et Civilisations Orientales (INALCO) à Paris avec deux acteurs de Shikoku et M.Pascal Griolet, maître de conférence à l’INALCO.

Maïko GOTANI : Conceptrice-Coordinatrice, Présidente de l’Association Japon Auvergne-Nippon Auvergne-JANA-, France

  Je suis très heureuse de pouvoir vous annoncer la réalisation du projet « Shikoku Haïku Méguri – Balade-Haïku dans l’île de Shikoku » qui aura lieu en septembre, validé par le Ministère du Japon pour le projet VJ 2012 et organisé avec Shikoku Muchujin à Kagawa au Japon.

 

  Avec OZAKI san de Shikoku Muchujin du Japon et notre association Japon Auvergne – Nippon Auvergne (JANA), nous avons réalisé des projets intéressants et originaux d’échanges culturels franco-japonais afin de rapprocher nos deux régions, l’Auvergne et le Shikoku.

 

  Ce grand projet « Shikoku Haïku Méguri – Balade-Haïku dans l’île de Shikoku » a été préparé avec elle depuis près de 2 ans, avec sérieux et soin, mais aussi grand plaisir.

 

  Mon domaine étant les lettres et la culture japonaises, j’avais toujours rêvé de réaliser un projet littéraire et culturel pour vous faire découvrir notre pays. Enfin, cette année, un de mes rêves se réalisera, je ne sais comment vous exprimer mes sentiments émus, mais, que de bonheur !

 

  Nous sommes arrivés en France en 2002, mon mari Tetsuya, accordéoniste professionnel, créateur et diplômé d’enseignement d’Origami, et moi. Cela fait déjà 9 ans que nous sommes Auvergnats. Nous lançons des activités culturelles depuis des années afin de rapprocher nos deux pays : la découverte de notre culture si peu connue dans cette région, mais aussi la découverte de l’Auvergne, elle aussi malheureusement peu connue au Japon. Nous intervenons dans des établissements scolaires et culturels de la région d’Auvergne afin de partager notre culture, la langue, l’origami, la calligraphie, le furoshiki, la musique-danse, littérature, kamishibaï, et évidemment le « Haïku », poème japonais qui est le plus court au monde.

 

  Comme M. Masaru Watanabé, mon ancien professeur d’université et poète de haïku, a publié un livre sur la comparaison entre le Japon et l’Allemagne à travers les haïkus, j’ai découvert que le Haïku est bien allé en Occident et a été aimé dans chaque pays. C’était une belle surprise et j’éprouvais des sentiments amicaux pour les poètes et lecteurs de haïkus dans les pays étrangers. Aujourd’hui, ce mot japonais « 俳句-Haïku » (on prononce « H », toujours aspiré en japonais) est devenu un mot international comme « Judô », « Manga », « Origami »…

 

  Même ici en Auvergne, il y a pas mal d’enfants des écoles primaires et des collèges où nous intervenons qui connaissent le « Haïku ». Je suis très contente d’apprendre que notre petit poème est bien arrivé jusqu’ici et qu’il y vit avec nous, un peu comme nous, les ressortissants japonais en France. Je suis fière de lui, comme le Haïku est devenu une star dans le monde entier.

 

  Malgré cela, je vous avoue que j’ai des sentiments un peu compliqués à son sujet quand quelqu’un parle de lui… Pourquoi ? J’ose vous l’expliquer…

 

  Lorsque j’étais au Japon, je n’avais aucun doute que fans de Haïku = grands fans du Japon, comme pensent la plupart des Japonais. On croyait bien naturellement que le Haïku a réussi à donner aux pays étrangers de l’intérêt pour notre pays et sa découverte, et à augmenter le nombre de fans de notre culture comme à l’époque du Japonisme. Mais, de plus en plus, je suis obligée de reconnaître la réalité. Malheureusement, j’ai l’impression que le Haïku n’a pas tout à fait réussi quant à la découverte de notre pays autant que les Japonais l’imaginent. J’ai rencontré pas mal de gens qui m’avouent qu’ils connaissent le haïku, mais pas le Japon… il y a même des gens qui ne savaient pas que le haïku est originaire du Japon. Cette réalité m’a quand même choquée.

 

  Alors que s’est-il passé ? Pourquoi le Haïku n’a pas bien réussi à faire connaître notre pays en même temps que la diffusion de son nom « Haïku » ? Pourquoi l’intérêt pour le haïku n’est pas toujours égalé par l’intérêt pour la culture japonaise ou notre pays ? Quelle est cette contradiction, cette distance bizarre ?

 

  Ces questions naturelles en tant que Japonaise m’ont conduite à une nouvelle découverte sur le haïku. A la réflexion, effectivement, comme la langue japonaise n’est pas une langue internationale, le Haïku (Haïkaï) devait être traduit ; quand il est parti à l’étranger, il a été présenté en anglais ou dans une autre langue, vers la fin du 19e siècle et, en France, au début du 20e siècle, par Paul-Louis Couchoud. La plupart des gens ont donc découvert le Haïku par la traduction, et non en japonais, sauf dans le cas de quelques premiers ambassadeurs du Haïku. Mais comme il a été bien apprécié par les poètes de chaque pays, ceux-ci ont commencé à en composer dans leur propre langue. Le haïku a donc bien réussi à s’internationaliser, le style et la règle n’étant pas tout à fait les mêmes que dans le Haïku japonais classique ( 5-7-5 = 17 syllabes, mot de saison-Kigo, technique avec les mots de coupure-Kiré-ji…) pour s’adapter à chaque pays. Même la façon d’écrire : au Japon, on écrit le haïku sur une seule ligne, mais il semble que le premier haïku en traduction anglaise a été présenté écrit en 3 vers, donc les haïkus étrangers sont souvent écrits en 3 vers. Il a bien été adapté pour convenir à chaque pays et a commencé alors à se développer.

 

  J’ai donc un peu mieux compris pourquoi notre pays et notre langue sont encore restés inconnus, malgré le succès du haïku dans le monde.

 

  C’était pour cela que j’avais toujours des sentiments compliqués en entendant parler de son nom mais pas beaucoup de son pays d’origine. Pour moi, c’était un peu triste.

 

  Mais est arrivée une heureuse rencontre avec Martine Brugière (notre poète invité d’honneur), Clermontoise, une excellente poète de haïku, une femme très active, très internationale et très gentille. Ça m’a sauvée enfin, comme j’ai trouvé une vraie compatriote ici, car c’est quelqu’un qui parle du haïku mais sans oublier notre culture. Je ne me sentais pas seule quand j’ai lu ses haïkus, je sentais l’air de mon pays natal, pourtant elle écrit en français ou en anglais, mais je sens bien le Japon dans ses haïkus. Mon mari a trouvé la même chose. C’était vraiment une agréable expérience pour nous. Nous nous sommes rencontrés vraiment par hasard, grâce à l’annulation d’un rendez-vous. Quand nous l’avons rencontrée, elle était en train de lire un livre « Makura no sôshi -Notes de chevet-», la littérature classique japonaise du 11e siècle. ça m’excitait vraiment cette rencontre unique. On est devenu rapidement des amis et on a commencé des échanges.

 

  J’ai parlé aussi de mes sentiments sur le Haïku, elle a compris entièrement mon désir et accepté de m’aider, en montant des séances ensemble pour faire découvrir le haïku à travers notre lecture bilingue et l’atelier d’écriture japonaise. Nous avons cherché plein d’idées et sélectionné des thèmes intéressants chaque fois, raconté des histoires importantes sur des poètes et sur notre culture… Ce grand essai avec Martine, l’ouverture d’échanges sur le haïku franco-japonais en Auvergne m’a apporté plein de belles rencontres, comme les enseignants de lettres et de CDI dans la région, qui m’ont demandé des interventions dans les écoles et les collèges pour faire découvrir le haïku aux enfants en classe, et ainsi les initier à notre culture, comme l’Origami avec mon mari Tetsuya. (voir des articles de journaux en PDF)

 

  Nous avons accepté avec grand plaisir et nous sommes intervenus même dans les écoles de petits villages de montagne, même s’il n’y avait que 10 élèves dans la classe. ça devait être la première fois qu’ils voyaient des Japonais et goûtaient à notre culture, mais ça leur a bien plu.

 

  J’apprends aux enfants ce qu’est un haïku japonais, je donne d’abord l’explication sur d’autres poèmes japonais : Waka, Tanka, Rénga, Sénryu…, la règle du haïku classique japonais, la technique, le mot de saison (kigo) et la différence entre le Japon et la France (comme Sakura, la fleur de cerisier, ce n’est pas juste une simple fleur de printemps pour les Japonais, et pourquoi etc…), la lecture bilingue afin de faire sentir le rythme et découvrir la belle sonorité japonaise, et l’initiation à l’écriture japonaise à travers la calligraphie de haïkus.

 

  Ayant suivi à l’Université la formation pour l’enseignement des lettres japonaises, y compris le haïku pour les collégiens et lycéens au Japon, je voulais faire découvrir surtout la joie de « goûter » au haïku ici.

 

  Au Japon, on dit « Kansyô » quand on goûte les poèmes en pensant aux histoires importantes des poètes, à la situation de composition de chaque poème, aux coutumes de l’époque, aux évènements de la vie des poètes quand ils ont composé ce poème japonais. Tous les Japonais ont appris de cette façon les poèmes à l’école. Il est indispensable de faire « 鑑賞 Kansyô » pour se rapprocher, d’autant qu’il y a beaucoup de choses importantes à savoir à propos du haïku, pas seulement le sens des mots. Je voulais leur apprendre des choses pour les aider. Ils ont bien aimé cela et je sentais qu’ils se familiarisaient avec le Haïku et notre culture comme l’origami, la calligraphie etc… Nous avons donc réussi à partager notre culture avec eux à travers le haïku et ça fait plus de 700 enfants auvergnats qui ont jusqu’ici découvert les haïkus en japonais. Vous pouvez imaginer combien je suis émue par ce résultat, c’est une vraie diffusion du haïku et de notre culture, je pense, et, bien sûr, nous continuons.

 

  Même si ce n’est encore qu’un tout petit pas, ainsi la découverte du haïku est bien liée à la découverte de notre pays, en retrouvant son pays d’origine. Ensuite il va encore se développer dans chaque pays en s’adaptant à la langue, aux coutumes et peut-être un nouveau style naîtra-t-il encore, ce sera superbe. C’est pourquoi nous continuons cette action au moins ici, dans cette région d’Auvergne.

 

  Ces expériences m’ont donné une drôle de pensée, puisque le haïku international est un peu comme nous, un ressortissant japonais. Du coup, je voulais lui poser les mêmes questions que nos amis nous posent souvent ici, « Vous venez de quelle région du Japon ? », « Vos parents et amis vont bien ? », « Vous retournez souvent là-bas ? », « Ça ne vous manque pas trop le Japon ? »…

 

  Alors, c’est pour cela que j’ai monté ce projet et vous propose de partir en balade avec nous dans le pays du Haïku et de faire faire « Sato gaéri » aux haïkus étrangers, c’est-à-dire le retour au pays natal.

 

  Le Shikoku, c’est vraiment le pays natal du Haïku moderne car il est lié avec de grands poètes et écrivains comme Shiki, le père du haïku moderne, Kyoshi, maître de haïku classique, Hékigôtô, Isénsuï, rénovateurs du haïku en style libre, Hôsaï, Santôka, Kusatao, Hakyô… et aussi la plus ancienne trace de Sôkan, poète de rénga, qui est le père des Haïkaï (haïku)…On va se balader dans cette île du haïku en découvrant le charme et la culture riche de cette île, Shikoku, en apprenant les histoires sur des poètes et en sentant la révolution et le développement du haïku japonais.

 

  De plus, le 19 septembre, c’est Hétchima-ki, l’anniversaire de la mort de Shiki, il y aura beaucoup d’évènements sur le haïku à Matsuyama, sa ville de naissance. Nous aimerions vous la faire découvrir. Nous avons encore plein de programmes originaux, intéressants et vraiment poétiques pour vous faire découvrir notre culture.

 

  J’ai vraiment hâte de voir cette nouvelle ouverture d’échanges poétiques, de pouvoir se balader au pays natal du haïku avec vous et notre grande amie Martine, notre invitée d’honneur, et bien sûr, vos haïkus uniques à Shikoku !

 

  Nous espérons que cette balade apportera plein de belles choses à votre vie de poète et des amitiés solides à travers notre passion du haïku.

 

  Nous attendons votre participation avec une grande joie.

 

・Maïko GOTANI (Clermont-Ferrand, FRANCE) : conceptrice – coordinatrice

Présidente de l’Association Japon Auvergne-Nippon Auvergne (JANA), une association franco-japonaise à Clermont-Ferrand en France. Ancienne journaliste culturelle et rédactrice littéraire aux éditions de Tokyo, diplômée de lettres japonaises, d’enseignement de calligraphie et de langue japonaise, reconnu par le ministère de l’éducation et de la culture au Japon. Installée en France en 2002 avec son mari Tetsuya Gotani, accordéoniste professionnel, créateur et diplômé d’enseignement d’Origami. Ils sont tous les deux titulaires du titre de séjour ”compétences et talents” accordé par le Ministère de l’intérieur français, afin de développer des relations culturelles entre nos deux pays, la France et le Japon.Ils interviennent régulièrement dans des institutions culturelles et éducatives locales pour faire découvrir leur culture et collaborent aussi avec d’autres associations locales pour des échanges franco-japonais. Maiko Gotani donne des cours sur les haïkus japonais dans des écoles primaires et des collèges pour contribuer à la reconnaissance de ces poèmes en langue japonaise en France ; grâce à elle, plus de 700 enfants d’Auvergne ont découvert notre culture par le haïku jusqu’à présent.

 Martine BRUGIÈRE (Poète invité d’honneur, FRANCE)

  Je salue l’esprit généreux des personnes à qui je dois d’être ”poète invité d’honneur” de la ”Balade-Haïku dans l’île de Shikoku’’
  Sans doute la maturité et l’expérience sont-elles mes principaux mérites dans la voie poétique. J’écris – surtout de la poésie – depuis mon enfance mais j’ai découvert il y a vingt ans le mode d’expression qui me convient le mieux, le haïku.

 

  Lisant par hasard quelques pages de Hôsaï, j’ai été éblouie. J’ai alors composé dans les langues que je maîtrise le mieux : ma langue maternelle ainsi que la langue que j’ai le plus étudiée, et pratiquée aux Etats-Unis. Ma passion pour le haïku m’a amenée à lire beaucoup d’auteurs japonais traduits et beaucoup d’études sur le sujet. Je voulais comprendre et intérioriser ces connaissances, changer ma perception pour ne pas simplement imiter.

 

  Désireuse de partager ce que j’écrivais, j’ai été publiée, ai fait des lectures publiques et participé à des Fêtes du Livre locales.

 

  Voyant que le haïku éveillait beaucoup d’intérêt, je l’ai présenté lors de conférences à la demande d’associations, expliquant son histoire et lisant des extraits des grands auteurs japonais. Ceci m’a apporté de nombreux contacts et j’ai participé à des rencontres, à des concours, des ouvrages collectifs et des revues. Internet a changé notre vie à tous et m’a même permis d’écrire des renkus avec un poète du Canada.

 

  Il y a 7 ans, j’ai eu la chance de rencontrer Maïko et Tetsuya Gotani dans le cadre de mon travail. Nous avions des intérêts communs et souhaitions des échanges autour de la culture japonaise. Même si le haïku était ma préoccupation principale, je m’étais intéressée depuis mes études universitaires à la pensée et aux langues d’Extrême-Orient et j’avais voyagé dans de nombreux pays d’Asie, dont le Japon, où j’avais noué des liens épistolaires durables avec une guide.

 

  Cette rencontre avec un jeune couple japonais cultivé et désireux de partage a ouvert une nouvelle étape dans ma vie de poétesse.
Nous avons fait ensemble des présentations et lectures publiques de haïku dont le son original était enfin apprécié et les explications données ont apporté une autre dimension à mes connaissances.

 

  Ma soif de savoir a été satisfaite, grâce à des renseignements introuvables jusque-là.

 

  Le projet de ”Balade-Haïku dans l’île de Shikoku” représente une avancée supplémentaire que nous ferons partager. Cet échange approfondi autour de la poésie est très souhaitable. L’internationalisation du haïku a assez rarement eu pour effet de faire mieux apprécier le Japon et sa culture. Chaque pays, en le pratiquant, a forgé son style, selon sa langue et sa sensibilité.

 

  Mais il est bon de rappeler, sur les lieux mêmes, l’esprit d’origine, la vie des poètes, les histoires et l’Histoire. Il y a beaucoup à gagner dans ce retour au pays natal du haïku : une approche authentique et une meilleure compréhension.

 

  Je souhaite de tout mon coeur contribuer à ces progrès.

 

Madame Martine BRUGIÈRE (Clermont-Ferrand, FRANCE)
Titulaire de la Maîtrise ès Lettres d’enseignement d’anglais.
Retraitée de la Fonction Publique, Présidente de l’Office de Tourisme et des Congrès de Clermont-Ferrand. Poète de Haïku (français et anglais) depuis 1992.
Après la publication de 4 ouvrages, collaboration en France, au Québec et au Japon à des revues (Gong, Ploc, Revue Casse-Pieds), à des ouvrages collectifs (Pixels, Regards de Femmes, Trois graines de Haïku, La lune dans les cheveux, l’Art du Haïku, Correspondances de haïku – France et Japon reliés par le haïku, Haïga – peindre en poésie), à une anthologie(Seulement l’écho), à des expositions de groupe (L’Art du haïku, Musée des Collections Privées et Eglise de la Madeleine à Paris ; exposition Médiathèque à Lyon), parution dans le Asahi Shinbun (journal japonais) /International Herald Tribune, articles, exposés, lectures publiques à la demande d’associations, série de 11 émissions de radio sur le haïku à l’automne 2011.Prix depuis 2004 :5ème : Ambassade du Japon à Dakar (Sénégal), 3 ème : Association Théâtre Nô d’Aix-en-Provence, 2ème et Mention Honorable : Journal Mainichi à Tokyo (JAPON), Prix spécial du meilleur recueil étranger Salo (Italie). Autres poèmes : Ouvrage illustré pour enfants, parution dans la Revue Le Grognard n° spécial poésie, 2ème prix concours de poésie de la Librairie Vice-Versa, Jérusalem (Israël), Prix spécial pour la poésie en langue étrangère Salo (Italie).

 Nous inviterons quatre poètes de haïku européens au Japon !!

Tout poète étranger composant des haïkus rêve de visiter le Japon, pays qui fascine notamment par son sens esthétique. Et lorsque Shikoku, l’île du haïku, vous accueille, c’est non seulement un rêve réalisé mais un honneur tout particulier. Avec une grande humilité, un vif désir d’apprendre et une immense gratitude, je sais que je vivrai au présent des rencontres et des partages exceptionnels dont j’aurai hâte de faire le récit.
Mais sera-t-il possible de transmettre les émotions ressenties en suivant les pas de grands maîtres et en posant le regard là où ils l’ont posé ?  (Martine BRUGIÈRE, France ; poète invité d’honneur )

Dans le cadre de projet Visit Japan (VJ) par Ministère du Territoire, des Infrastructures, des Transports et du Tourisme de Shikoku au Japon. Nous offrons la possibilité à quatre poètes de haïku européens, de venir découvrir le patrimoine et la culture de Shikoku à travers le séjour ”Balade-Haïku dans l’île de Shikoku”.

Merci de lire ce qui suit pour plus de détails.


Nous offrons la possibilité à quatre poètes de haïku européens* de découvrir et faire découvrir l’île de Shikoku, pays de Haïku au Japon.
(* 1 poète invité d’honneur : Madame Martine BRUGIÈRE, Clermont-Ferrand, France)

Les poètes sélectionnés devront quotidiennement raconter à travers leurs haïkus sur leur blog ou site respectif, leurs aventures au fil de leur séjour qui aura lieu en septembre 2012 (du 12 au 28 septembre).

Bonne chance à tous !


 

Ces séjours s’adressent à des étrangers et leur offrent la possibilité de s’immerger pendant 2 semaines en septembre dans cet univers traditionnel passionnant.
Les personnes sélectionnées pour ces voyages devront partager leur aventure quotidiennement au moyen de leur blog ou site internet qu’ils nourriront de leurs récits, photos, vidéos, dessins, etc. Le but étant de promouvoir la culture, le patrimoine et le tourisme local.


 

Conditions pour participer

- Avoir un fort intérêt pour la culture traditionnelle japonaise et une expérience solide dans les domaines de ”Haïku”.
- Nombre de participants : – 3 personnes pour le séjour consacré au Haïku.

Période pour déposer vos candidatures : de fin juin jusqu’au Mardi 31 juillet 2012 (inclus)

Pour déposer votre candidature, vous devez :

 

- Avoir un blog ou un site web
- Indiquer vos motivations personnelles (remplir notre questionnaire :
- Présenter vos créations artistiques (photos, vidéos, illustrations, etc.) et tout autre document complémentaire.


Ce que nous vous offrons :
1) Un billet aller-retour en classe touriste de Paris à Shikoku (aéroport de Takamatsu).
2) Les repas, les hébergements


Ce qu’il reste à votre charge :
1) Frais de l’inscription : 300 euros (les frais d’assurance, de dossiers, de transports pendant votre séjour sont toutes comprises)
2) Les collations, souvenirs et autres dépenses personnelles.


Pour postuler, il faut :
1) Utiliser le français et l’anglais
2) Avoir un blog ou un site web auquel tout le monde peut avoir accès.
3) Ne pas hésitez à nous demander conseil à propos les us et coutumes de notre pays. Par exemple, les photos sont interdites dans certains lieux et temples de Shikoku, mais n’aillez crainte, nous vous aiderons à comprendre tout cela.


Si votre candidature est retenue, vous vous engagez à :
1) Actualiser votre blog avec vos haïkus quotidiennement pendant ce séjour de Shikoku.
2) Participer à la conférence à Takamatsu avec nos partenaires et la presse pour raconter votre expérience.
3) Concevoir des contenus informatifs consacrés au haïku (photos, dessins, films, textes, etc.)
4) Devenir ” Shikoku Muchujin” (passionnés par Shikoku) et continuer à présenter et partager le charme de Shikoku le plus longtemps possible.


Critères de sélection :
1) Plus de 18ans et en bonne forme physique.
2) Personnes sérieuses, motivées, respectueuses, ouvertes pour les échanges et passionnées par le haïku et la découverte de nouvelles choses.
3) Intérêt pour le Japon et sa culture, notamment le haïku.
4) Compétence de haïku et potentiel dans des activités créatives et poétiques (textes, photos, dessin, vidéo…).


Publication des résultats :
Publication des résultats : début août 2012
Les résultats seront publiés sur le site de Shikoku Muchujin et JANA